Article sur les différents plantages des initiatives publiques dans le domaine d'Internet, dans Le Monde d'il y a quelques jours. Citation:
"Lors d'une conférence organisée voilà quelques semaines à l'initiative du Club Sénat (www.clubsenat.fr), les principaux partenaires associés au projet ont tenté de repositionner Quaero comme un "programme d'investissement mutualisé visant à créer une filière autour de l'indexation, de la traduction, de la recherche, de la sécurisation et de la distribution des contenus numériques", et non comme un concurrent direct de Google. Mieux vaut, en effet, éviter de communiquer sur un objectif aussi ambitieux que celui de détrôner le premier moteur de recherche du Web.
D'autant que l'attelage franco-allemand public-privé est plus qu'improbable. La mise en commun de savoir-faire hétéroclites, d'ambitions concurrentes et d'intérêts industriels divergents parviendra-t-elle à accoucher d'une technologie tant performante que viable ? Une chose est certaine, elle n'aura rien inventé.
A travers ces exemples - auxquels pourrait s'ajouter celui de la Bibliothèque numérique européenne (BNE), qui n'est qu'une réponse à Google Book Search -, on mesure la distance qui sépare deux modèles de politique de l'innovation. L'un, jacobin, est fondé sur les grands systèmes, de préférence contrôlés par l'Etat. L'autre, libéral, sur l'initiative individuelle mais aussi, surtout, sur l'acceptation du risque par les investisseurs - privés comme publics."
Cet article, intéressant par l'accumulation d'exemples, met effectivement en lumière quelque chose de frappant, à mon sens.
Pendant des années, les "grands" travaux à gérer pour un pays relevaient de l'infrastructure purement physique (routes, trains, avions, ...). Aujourd'hui, les grands travaux sont des travaux d'infrastructures télécoms (la fibre...) et la création de services.
Et le constat, c'est que l'Etat, empêtré à gérer les "anciennes" structures, avec des budgets déjà débordant des frais d'entretien, peine à lancer une quelconque initiative.
Ce n'est pas forcément systématiquement la faute d'une mauvaise gestion. Les routes, le TGV, la police, la santé, l'éducation sont des frais à prendre en charge par la collectivité. Sans ces investissements, pas d'avancées de la part du privé non plus.
Mais je n'arrive pas à croire que ce n'est que pour ça que l'on n'avance plus, que le secteur public a perdu de sa créativité. J'aurais tendance - c'est la facilité peut-être - à dire que le personnel politique - et donc nous, les citoyens - avons perdu l'exigence que l'on devrait avoir. On ne demande plus à un Etat d'avoir de l'ambition. On lui demande d'être régalien, de protéger, mais plus de proposer ou d'avancer.
Encore une histoire de connecteurs, ou pas?